Le métier, historique et techniques
La gravure manuelle sur métal
La gravure sur métal constitue un artisant pluridisciplinaire qui mobilise un ensemble de compétences spécialisées. Tel que: dessin, conception, fabrication d’outils, et notamment le façonnage minutieux des burins. Parmi les techniques actuellement les plus utilisées figurent la taille douce et le ramolayé, particulièrement prisées pour la réalisation de pièces uniques ou de petites séries dans le domaine de l’horlogerie haut de gamme.
Les graveurs et graveuses interviennent également dans la production de médailles et de monnaies traditionnelles, ainsi que dans la création de poinçons de marque complexes, dont la réalisation échappe aux procédés mécaniques en raison de leur finesse et de leur précision.
À ce jour, la collaboration entre artisans et horlogers continue de permettre la conception d’œuvres d’exception, fruit d’une synergie entre plusieurs corps de métier : gravure, sertissage, peinture miniature, émaillage, etc.
Bref historique
- Chalcolithique âge du cuivre Env. 3500 avant J-C L’homme sculpte le métal pour le décorer
- Antiquité romaine 27 avant J-C à 476 de notre ère. Réalisation de médailles en s’appuyant techniquement sur l’art monétaire
- Fin du Moyen Age 1400, 1ère Médaille « Moderne ».
Renaissance
- 13éme au 16éme siècle Orfèvrerie de luxe Nielles,
- Taille-douce, vers 1450, gravure d’art, reproduction d’art destinée à l’impression d’estampes
- Vers 1800 destinée à une clientèle fortunée, les montres de poche deviennent de véritables pièces d’orfèvrerie ornées notamment de gravures
Aujourd’hui
- Haute horlogerie, création de pièces uniques pour le marché mondial du luxe
- Orfevrerie, Bijouterie, Joaillerie
- Gravure d’art contemporaine, destinée à la réalisation d’estampes
Outillage et établi
Le graveur utilise un ensemble d’outils spécifiques, dont la conception et l’ajustement ergonomique sont déterminants pour la qualité et l’efficacité du travail. Comme dans de nombreux métiers manuels, l’outil n’est pas simplement un instrument, mais un prolongement du geste parofessionnel.
La finesse du façonnage de l’outil est primordiale. Chaque outil est fabriqué sur mesure, en fonction des préférences de l’artisan et des exigences du travail à réaliser. Ces paramètres influencent directement la qualité, la précision et la rapidité d’exécution des gravures.
Parmi les outils, le binoculaire est aujourd'hui indispensable. Il permet une observation stéréoscopique à fort grossissement (généralement entre 5x et 40x), indispensable pour contrôler la profondeur, la régularité et la netteté des tracés. Son réglage ergonomique (inclinaison, distance interoculaire, éclairage) est souvent personnalisé selon la posture et les besoins de l’artisan.
L’établi du graveur, généralement en bois massif, est conçu à une hauteur inférieure à celle d’un établi de bijoutier. Sa forme peut inclure un demi-cercle ajouré, permettant un positionnement ergonomique du corps du graveur face à la pièce. Certains modèles intègrent une fosse centrale destinée à recevoir le boulet (support de la pièce à graver), évitant ainsi de surélever les coudes pendant le travail. Des coussins ergonomiques sont souvent placés sous les coudes pour réduire la fatigue musculaire lors des sessions prolongées.
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La taille douce
La taille douce désigne l’acte de gravure au burin. Le burin découpe nettement le métal et l’enlève sous forme de copeaux.
C’est la technique la plus utilisée dans l’ornementation, par exemple dans la gravure de décors et de lettres. La taille douce désigne également la gravure d’estampe d’art destinée à l’impression.
Grâce à l’onglette, le graveur, en appuyant correctement sur l’outil et en faisant tourner son travail, façonne des pans de métal qui jouent avec la lumière pour créer relief, profondeur et dynamisme.
Cette technique exige une motricité fine extrême, un façonnage parfait de l’outil, et une connaissance aiguë du métal à graver. Les traits découlent du dessin préalablement tracé, et la courbe obtenue dépend de la façon dont le graveur fait tourner la plaque avec sa main gauche (pour les droitiers). C’est une technique exigeante, qui nécessite un apprentissage long et une pratique constante, afin d’obtenir la régularité et la sensibilité nécessaires à chaque geste.
PortfolioRamolayé ou bas-relief
Le ramolayé, ou gravure en bas-relief, est une forme de sculpture sur métal. Il s’agit d’un modelage exécuté à l’aide de burins, parfois assisté d’étapes mécaniques. La terminaison des surfaces peut être très variée : parties mates, polies, texturées…
Par nature, le bas-relief présente un faible relief : le sujet ne se détache que légèrement du fond. Un effet de profondeur doit être créé par une perspective simulée, des tailles décroissantes des personnages ou des éléments de décor.
Le·la graveur·euse trace d’abord ses contours à l’onglette, puis descend ses fonds à l’échoppe plate pour donner du relief à son dessin. Ensuite, à l’aide de gouges, de plates et d’onglettes, il donne du mouvement et du volume à son dessin.
Dans l’horlogerie, notamment sur certains cadrans, le graveur travaille avec une épaisseur ne dépassant pas 0,3 mm, ce qui exige une grande maîtrise technique.
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Ciselage
Le ciselage est une technique de travail du métal sans enlèvement de matière. Elle consiste à frapper à l’aide d’un marteau un ciselet sur la surface métallique, afin que celui-ci laisse son empreinte dans la matière. Ce procédé permet au graveur de créer des fonds, des structures uniformes, des motifs alignés ou brouillés, afin d’enrichir ou d’uniformiser ses décors, ses champlevés et ses bas-reliefs.
Le ciselage, ou ciselure, est aussi une technique de travail du métal à part entière.
Il existe différents types de ciselage
- La ciselure tracée, réalisée sur des plaques plates ;
- Le repoussé, qui consiste à repousser le motif par l’arrière pour lui donner du volume ;
- La reprise de fonte, qui consiste à retravailler un objet fondu, la cire du moulage et la fonte étant souvent réalisées par le ciseleur lui-même. Une fois fondu, l’objet est repris par le ciseleur, qui lui redonne son caractère premier en travaillant son grain, ses effets de matière, etc.
Gravure pour joaillerie, bijouterie
La gravure se pratique bien évidemment sur bijoux. Une tradition ancienne est celle de la chevalière, dont le motif est gravé en creux, servant à l’origine de sceau pour cacheter les messages. Aujourd’hui, ces bijoux reviennent à la mode, et il est bien sûr possible de réinterpréter ces motifs héraldiques en relief.
La graveuse travaille au service du bijoutier, avec lequel elle collabore pour obtenir le résultat souhaité. À partir de là, tout est possible : médailles, ornements d’alliances, chevalières, etc.
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Gravure de Texte
La gravure de texte se décline en trois grandes catégories :
- L’Anglaise : typo composée de pleins et de déliés, où l’élégance des courbes exige une grande maîtrise de l’outil et du dessin, réalisée à l’onglette.
- La Romaine : lignes droites, pleins et déliés, caractérisée par des empatements marqués.
- La Bâton : traits droits, tous d’épaisseur uniforme, comme son nom l’indique.
Ces trois techniques permettent aux graveurs de maîtriser ensuite n’importe quel type de typographie, de la plus simple à la plus fantaisiste, tout en respectant les principes de régularité, d’uniformité, d’équilibre visuel et de rigueur.
PortfolioGravure décor
La gravure de décors s’applique souvent dans le domaine horloger, sur mouvements, cadrans et boîtiers.
L’idée est de faire réfléchir la lumière sur les tailles de burins polies, afin d'y réveler un dessin, une structure ou des formes géométriques.
À partir de là, tout est possible. Le graveur doit bien sûr prendre en compte les aspects techniques de son support : épaisseur, matière, etc.
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